Arbitrages sur les opérations de fusions-acquisitions

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La chaire : Quelle est la stratégie de placement des fonds orientés arbitrages sur les opérations de fusions-acquisitions ?

Jean-Yves Filbien : Les arbitrages sur les opérations de fusions-acquisitions (Merger Arbitrage / Event Arbitrage) représentent une stratégie de placement alternative, généralement mise en place à partir de l’annonce de l’opération. L’objectif est d’effectuer un arbitrage sur le spread qui définit l’écart entre le prix de marché du titre de l’entreprise ciblée par l’opération et le prix de l’offre proposée pour que l’acquéreur puisse réaliser l’opération.



La chaire : Quels sont les facteurs affectant l’activité d’arbitrage sur les fusions et acquisitions ?

Jean-Yves Filbien : Il est évident que le spread peut potentiellement varier en fonction de nombreux facteurs. Mais ces risques sont principalement liés à la probabilité que l’opération ne soit finalement pas réalisée. Parmi les éléments déterminants, nous retrouvons le financement de l’opération, la régulation, la gouvernance d’entreprise et les clauses juridiques de l’opération. Ainsi, l’avancée dans le temps fournit une information non négligeable pour les investisseurs concernant les blocages rencontrés par les différentes parties prenantes.

La chaire : Les fonds liés aux arbitrages sur les fusions-acquisitions offrent-ils de bonnes opportunités de placement dans le contexte actuel ?

Jean-Yves Filbien : A long terme, les fonds liés aux arbitrages sur fusions offrent une excellente performance, accompagnée d’un risque moindre. En effet,  cette stratégie permet de dégager sur une longue période des rendements annuels proches de ceux des actions, tout en s’accompagnant d’une volatilité comparable à celle des obligations. Ainsi, le ratio Sharpe de ces fonds offre d’excellentes opportunités d’investissement.  Ces fonds ont également une grande capacité de résilience, leur permettant ainsi de préserver des rendements positifs, au-delà du caractère erratique des marchés financiers. A titre d’illustration, les recherches de Baker et Savasoglu en 2002 ont amené à trouver une performance excédentaire de l’ordre de 0,6% à 0,7% par mois pour ce type de fonds entre 1981 et 1996.